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La ferme Etxartia d'Hasparren revit !

Florence et Yoann PLANCQ veulent tous les deux vivre de l'agriculture.

Tous les deux sont Hors Cadre Familiaux, c'est à dire qu'il ne sont pas issu du monde paysan, ils sont de la "ville" comment ils disent.

Leurs expériences professionnelles précédentes les ont amenés à choisir l'agriculture paysanne. 

Yoann s'est d'abord installé comme paysan à la ferme Etxartia. Ils ont démarré une production d'oeufs fermiers qu'ils vendent en direct. A terme, Florence s'installera également pour développer la transformation de fromage de brebis.

Florence et Yoann PLANCQ adhèrent à la charte fermière IDOKI.

 

Entretien avec Florence et Yoann PLANCQ : les nouveaux paysans de la ferme Etxartia à Hasparren.

Yoann et Florence PLANCQ, avec leurs premières poules pondeuses

Yoann, quel parcours t'amènes à la ferme Etxartia ?

Je ne suis pas issu du monde paysan, j’ai travaillé dans la grande distribution jusqu’au jour où j’en ai eu ras le bol. Je ne pouvais plus cautionner ce système qui engraisse le monde industriel, au détriment de la santé humaine.

A ce moment- là, j’ai rencontré Dominique Aincy qui élève des vaches laitières et fait du fromage de vache à Hasparren. Avec Florence, nous avons visité et fait des stages chez lui. On s’est rendu compte qu’on voulait être paysans, pour le lien aux animaux et à la terre mais aussi en voyant la cohésion entre paysans, l’entraide, les valeurs humaines qu’il y a dans le monde rural mais qu’il n’y a plus dans le milieu urbain.

Aujourd’hui, nous sommes installés à Etxartia, la ferme voisine de Dominique Aincy. Nous habitons là, il y a un bâtiment et à peine une dizaine d’hectares.

Florence, la reprise de la ferme, c’est un projet à deux ?

On a beaucoup réfléchi avant de sauter le pas tous les deux. Nous avons suivi ensemble une formation agricole (diplôme BPREA) nécessaire pour s’installer. Yoann s’est installé en août 2015. Florence a dû trouver un travail à l’extérieur, mais le projet reste de s’installer tous les deux dès que les productions et la commercialisation seront bien lancées. Le défi est de tirer deux revenus de la ferme Etxartia. 
Au départ, c’est le côté ferme pédagogique qui nous intéressait, pour montrer aux gens, qu’il y a quelqu’un derrière nos produits et montrer comment l’on travaille.

Nous souhaitons développer plusieurs productions, à petite échelle avec de la transformation à la ferme : des brebis pour du fromage, des poules pour les œufs, etc…

On avance avec l’envie de bien faire les choses, ici on a tout à réhabiliter, il faut prendre le temps de faire les choses.

Vous avez récemment débuté l'élevage de poules pondeuses ? 

Nous élevons 400 poules de race Sussex,Marrans, Lohman, en respectant le cahier des charges de la charte fermière Idoki. Nous vendons les œufs depuis la ferme, au marché d’Hasparren et à Anglet Quintaou le jeudi et le dimanche. 

On nous a donné une cinquantaine de brebis Manex, têtes rousses et noires. Nous commencerons la transformation fromagère la saison laitière prochaine. Nous aurons également quelques porcs basques.

Nous espérons que l’ensemble de notre ferme sera labellisée IDOKI à terme. C'est en cohérence avec nos idées. Grâce à nos animaux, on veut produire des choses de qualité, simplement, en restant fidèles à nous-mêmes.

L’agriculture est elle un métier d’avenir ?

Y : C’est un métier d’avenir, s’il n’y a pas d’agriculture dans l’avenir, il n’y a plus de vie, à tous les niveaux.

F : Je pense qu’il y a une prise de conscience collective, tout le monde n’a pas envie de devenir paysan mais les gens veulent avoir en face les gens à qui ils achètent leur nourriture. La grande distribution offre des linéaires improbables de produits qui viennent de partout, d'on ne sait même plus d'où. Les gens ouvrent les yeux. Etre paysan, c’est le métier d’hier et il faut que ça redevienne le métier de demain.

On est aussi guidés par le souhait de transmettre à nos enfants un outil et une maison refuge et pas juste une baraque à revendre.

 

Extraits de l'entretien paru dans l'hebdomadaire paysan LABORARI.

 

 

 

15.03.2017