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Nouvelles normes de biosécurité : mise en péril des producteurs fermiers

A l'occasion de l'assemblée générale de notre association, Patrick Sallaberry et Antton Urrizaga, les co-présidents de l'association ont apporté un soutien appuyé aux producteurs fermiers, éleveurs de volailles durement touchés par le traitement sécuritaire des épisodes de grippe aviaire.

A ce jour, seuls l’abattage et la modernisation des normes de biosécurité sont envisageables pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. L'association conteste cette vision ultra-sécuritaire relayée par une communication jouant sur nos peurs. 

Ce fut l'occasion de proposer un débat d'actualité :  "Nouvelles normes de biosécurité - mise en péril des producteurs fermiers ?.

Comme par le passé, l'association demande l'adaptation des nouvelles normes à la réalité des petits élevages de plein air.

L'association dénonce la dérive sécuritaire des normes sanitaires.

Patrick SALLABERRY, co-présidente de notre association Antton URRIZAGA, co-président de notre association Jean Michel BERHO, éleveur de canard Kriaxera

Patrick SALLABERRY et Antton URRIZAGA co-présidents de l'association et Jean Michel BERHO.

Jean Michel BERHO a rappelé le contexte de création de l'association des producteurs fermiers du Pays Basque en 1989.

Face à la mise en place de normes sanitaires européennes dans les ateliers de transformation fermière, une quarantaine d'éleveurs s'étaient mobilisés pour que les services vétérinaires et des fraudes prennent en compte leurs réalités et aident les producteurs dans cette mise aux normes.

A ce jour, l'association assure toujours une mission d'information, de formation et de défense de ses adhérents.

Aujourd'hui, le problème va bien au delà nouvelles normes sanitaires. C'est avec une pointe de provocation que Jean Michel BERHO a indiqué "qu'en Amérique du Sud, on envoie les escadrons de la mort aux petits producteurs. Ici, les industriels se servent des normes sanitaires pour nous éliminer, en nous accusant de travailler n'importe comment et de risquer d'empoisonner les gens. C'est inacceptable. Nous avons démontré de longue date que nous travaillons en toute responsabilité".

Jean Michel BERHO rappelle que" la règlementation européenne est bien rédigée, mais que sa transposition au niveau de l'état français pose problème", opposant ainsi "l'obligation de résultat à l'obligation de moyens".

L'adaptation de la règlementation européenne à la production fermière est possible. Par le passé, les professionnels de la filière ont rédigé un Guide des Bonnes Pratiques d’Hygiène pour les produits laitiers et les fromages fermiers, ce qui permet aux producteurs fermiers de formaliser leurs pratiques (analyse des risques, mesures correctives, analyse des lots de produits avant commercialisation, traçabilité des produits, etc...) dans un registre et d'être en conformité avec la règlementation en matière d’hygiène.

Comme par le passé, l'association demande que l'adaptation des nouvelles normes à la réalité des petits élevages de plein air.

Les nouvelles normes de  bio-sécurité pour les élevages de volailles.

 

M. Mesplède, directeur des services de la DDPP, interpellé par les producteurs fermiers.

Suite à l’arrêté ministériel de février 2016, les éleveurs de volailles sont tenus d’élaborer et de mettre en place un plan de biosécurité sur leur ferme.

En 2017, l'association a formé une vingtaine d'éleveurs de volailles à l'élaboration de leur plan de biosécurité (analyse des risques de contamination, la gestion des flux de personnel, de matériel, d'animaux et de produits). Ces mesures ont été rédigées pour analyser les risques inhérents aux élevages industriels et sont inadaptées à la production fermière. 

Deux productrices ont expliqué les nouvelles obligations auxquelles elles doivent faire face. Elles ont également soulevé des interrogations tant certaines mesures sont inadaptées (SAS, parking, aire de lavage,...). 

Les productrices ont souligné le surcoût engendré par l'ensemble de ces mesures qui fragilisent économiquement leurs fermes.

En présence de M.Mesplède, directeur des services de la Direction Départementale de Protection de la Population, l'association a demandé l'adaptation des mesures à la réalité des petits élevages de plein air.

Hitza hitz, respect de la parole donnée !?

S'équiper d'un centre d'emballage d'oeufs pour vendre en circuit-court.

Deux éleveuses de volailles ont expliqué les contraintes auxquelles elles sont confrontées au quotidien (plan de biosécurité et centre d'emballages d'oeufs)

Autre obligation, les petits producteurs qui vendent leurs oeufs en direct ou en circuits courts sont tenus de s'équiper d'un centre d'emballage d'oeufs, à partir d'un seuil de 250 poules pondeuses.

L'association craint que ce seuil extrêmement bas de 250 animaux, ne devienne un seuil de référence à partir duquel de nouvelles mesures sanitaires et de sécurité seront imposées à tous les élevages.

Un centre d'emballage est une salle de travail aménagée qui permet le mirage et le calibrage des oeufs qui sont ensuite emballés dans les boîtes à oeufs. Cet équipement coûte entre 7000 € à 13 000 € (en autoconstruction ou réalisé par des artisans, achat de matériel neuf ou d'occasion).

L'association juge cette obligation d'équipement disproportionnée pour des élevages de petite taille, où les éleveurs manipulent les oeufs, un à un. Le calibrage des oeufs n'est pas indispensable pour la vente en vrac des oeufs. 

L'association rappelle que les éleveurs sont formés aux règles d'hygiène et de sécurité. Ainsi, les producteurs s'astreignent à analyser les risques de salmonelle, alors que ce n'est pas une obligation en dessous du seuil de 250 poules pondeuses. Preuve que les producteurs agissent en toute responsabilité. 

A l'heure où de plus en plus de fermes se lancent dans un atelier de diversification en poules pondeuses, l'association a accompagné plusieurs producteurs dans la rédaction du dossier d'agrément du centre d'emballage d'oeufs.

Face à l'extrême complexité des mesures, l'association a transmis à la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) un dossier d'agrément simplifié, qui respecte la règlementation en vigueur, et qui soit applicable aux producteurs fermiers.

Le dossier est en cours d'instruction à la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) qui veille à la sécurité et à la qualité des aliments à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.

29.06.2017